« Thé propre » : aucune formule n’est plus creuse dans ce métier. N’importe qui peut l’imprimer sur un paquet. Voici donc la nôtre, formulée en six interdictions précises, avec ce qui remplace chacune d’elles, ce qu’elle nous coûte et la manière dont un acheteur peut vérifier que nous disons vrai.

1. Pourquoi la question se pose
Tapez « tea » et « pesticides » dans un moteur de recherche anglophone et vous tombez sur une controverse vieille de dix ans. Elle est née des campagnes d’analyses menées par Greenpeace entre 2012 et 2014 : dans l’enquête chinoise, les 18 échantillons de 9 fabricants contenaient tous au moins trois pesticides, et 12 des 18 contenaient des substances interdites. Dans l’enquête indienne, 46 échantillons sur 49 présentaient des résidus d’au moins une de 34 substances actives, et 60 % en présentaient dix ou plus.
Ces résultats étaient réels. Ce qui a suivi ne l’a pas toujours été. Les publications virales sur « huit thés aux pesticides mortels », qui circulent encore, étaient largement exagérées, et la situation réglementaire actuelle est bien meilleure que ne le laisse croire la panique. Le rapport de l’Autorité européenne de sécurité des aliments sur les contrôles de 2024 relève 98,8 % d’échantillons conformes aux limites légales, avec un taux de dépassement d’environ 5,5 % pour les produits importés soumis à des contrôles renforcés aux frontières (EFSA).
La position honnête n’est donc ni la panique ni le déni. Les résidus dans le thé sont une variable réelle et mesurable, encadrée par la réglementation, et seule l’analyse d’un lot donné permet de trancher pour ce lot. Notre réponse commence plus tôt, au champ.
2. Les six interdictions et ce qui les remplace
Le 6 Không n’est pas une certification. C’est un engagement de production que nous nous sommes fixé et que nous imposons à nos foyers membres. Son intérêt tient à ce que chaque ligne est précise et peut être démentie par les faits, contrairement à « naturel » ou « propre ».
| Nous n’utilisons pas | Ce que nous faisons à la place | Ce que cela coûte |
|---|---|---|
| 1. Herbicides | Désherbage à la main et à la débroussailleuse entre les rangs ; les résidus de coupe restent sur place en paillage | Notre premier poste de main-d’œuvre |
| 2. Pesticides chimiques | Surveillance, taille des pousses atteintes et acceptation d’une récolte réduite les mauvaises années | Du rendement, de façon imprévisible, lors des saisons humides |
| 3. Engrais chimiques | Fumier composté et tourteau de soja incorporés entre deux poussées | Effet plus lent, davantage de manutention et de stockage |
| 4. Stimulateurs de croissance | Rien. Le théier suit son propre calendrier et se repose de novembre à février | Moins de cueillettes par an que dans un jardin forcé |
| 5. Arômes artificiels | Parfumage uniquement avec de vraies fleurs de saison, surtout le lotus, le jasmin et la fleur de pomelo | Les thés parfumés ne peuvent être produits que quelques semaines par an |
| 6. Conservateurs | Séchage maîtrisé, conditionnement sous vide et stockage au froid des lots finis | De la capacité en chambre froide, et une durée de conservation plus courte que celle d’un thé traité |
Lisez la colonne de droite avant celle de gauche. Une interdiction ne vaut que par la solution qui la remplace, et chaque solution a un coût. Un producteur qui revendique les six sans faire état d’aucun coût ne les applique pas toutes.



3. Pourquoi nous ne sommes pas certifiés biologiques, et ne prétendons pas l’être
C’est la première question que pose un acheteur sérieux. Voici donc la réponse, sans détour.
La certification biologique est une démarche payante, auditée et étalée sur plusieurs années. Pour une coopérative de 90 petits foyers producteurs, elle suppose une période de conversion sur chaque parcelle, un coût d’audit par foyer et une charge documentaire portée par des familles qui cultivent chacune un ou deux hectares. Certains de nos membres pourraient l’assumer. La plupart ne le pourraient pas, et une norme accessible aux seuls plus grands foyers diviserait la coopérative au lieu de la faire progresser.
Nous avons préféré fixer une règle qui coûte au champ plutôt qu’en frais d’audit, l’appliquer à chaque membre, puis financer les preuves tierces qui comptent vraiment pour un importateur : la certification VietGAP sur une partie de la surface, un code de zone de culture, un certificat de sécurité sanitaire des aliments, l’ISO 22000:2018 pour l’atelier et des analyses de résidus en laboratoire sur le thé fini.
Disons-le clairement : le thé TRAVINA n’est pas certifié biologique. Le 6 Không est plus exigeant que les pratiques conventionnelles, mais il ne remplace pas un label biologique. Quiconque vous présente son thé non certifié comme « quasiment bio » vous demande de le croire sur parole pour une chose qu’il n’a pas fait vérifier.
Où en est le standard aujourd’hui
- 40,5 hectares cultivés au total à Dai Tu et La Bang
- 5 hectares sous engagement 6 Không complet
- 9,7 hectares répartis entre 17 foyers membres sous VietGAP, certificat DVCL-VG-TT-24-19-68
Nous publions toujours ces trois chiffres séparément, dans cet ordre. Présenter la surface certifiée comme si elle couvrait toute l’exploitation est l’exagération la plus répandue dans le thé vietnamien, et nous ne la commettrons pas.

4. Comment un acheteur peut tout vérifier
Un standard que personne ne peut vérifier n’est qu’un slogan. Quatre éléments rendent le 6 Không vérifiable :
- Analyses de résidus sur le thé fini. Nos analyses sont réalisées au Centre de recherche et de développement du thé du NOMAFSI. Les rapports accompagnent les échantillons. C’est la seule preuve qui renseigne directement sur ce que la feuille contient ou non.
- Traçabilité jusqu’à la parcelle. Grâce au code de zone de culture, chaque lot remonte à un groupe de foyers et à une date de cueillette. Si une analyse soulève une question, nous pouvons vous indiquer quel versant examiner.
- Cahiers de culture. Chaque foyer membre en tient un. C’est ce document sans éclat qui rend l’affirmation « sans traitement » auditable plutôt que rhétorique.
- Venez voir. Les jardins sont à une heure et demie de l’aéroport de Hanoï et ouverts toute l’année. L’usage d’herbicide se voit depuis le chemin : un rang traité présente une bande nue et morte sous les théiers, ce qui n’est pas le cas des nôtres.
Pour les limites, le cadre applicable au marché européen est le règlement (CE) n° 396/2005 : toute substance sans LMR spécifique fixée pour le thé relève par défaut de la limite de quantification, soit 0,01 mg/kg. Nous ne publions pas ici les limites substance par substance, car elles évoluent ; l’acheteur doit comparer les valeurs en vigueur dans la base de données de l’UE sur les pesticides avec le rapport d’analyse du lot qu’il examine.



5. Ce que le standard a permis jusqu’ici
Les distinctions ne prouvent rien sur les taux de résidus. Elles montrent que des professionnels de la dégustation ont jugé ce thé face à ses pairs, ce qui est autre chose, mais reste utile.
- Top 10 des marques de boissons vietnamiennes 2025, Association vietnamienne de la propriété intellectuelle, 28 décembre 2025
- Produit et service de haute qualité 2024, VATAP, 29 novembre 2024
- Deuxième prix du concours « Mains d’or » (Bàn tay vàng) de transformation du thé 2025, Service de l’agriculture et de l’environnement de Thai Nguyen
- Tea Masters Cup Vietnam 2025 – la coopérative y a envoyé concourir l’artisan Pham Hoang Giang
- Marque déposée TRAVINA n° 542996 et marque collective « Che Thai Nguyen »
Le résultat commercial compte davantage que les trophées. C’est le 6 Không qui permet de vendre un thé identifié, traçable et analysable plutôt qu’une feuille anonyme en vrac, et c’est toute la différence entre le prix moyen du thé vietnamien à l’export et un prix qui justifie le travail de la terre.


6. Les limites du 6 Không
Quatre limites, en toute franchise, car un standard sans limites déclarées relève de la publicité :
- Ce n’est pas une allégation légale. Rien sur cette page ne remplace vos propres analyses à l’importation.
- Il ne dit rien des métaux lourds. Ceux-ci proviennent du sol et de l’air, non des traitements, et font l’objet d’analyses distinctes.
- Il couvre 5 hectares, et non la totalité des 40,5. Demandez de quelles parcelles provient un lot.
- Il ne protège pas de la dérive des traitements d’un voisin. Ce risque se gère par des rangs tampons et des analyses, pas par une promesse.
7. Questions fréquentes
Un thé sans pesticides est-il un thé biologique ?
Non. Le biologique est un système certifié qui encadre les intrants, les périodes de conversion et les audits. « Sans pesticides » décrit une pratique. La nôtre est formalisée en six interdictions explicites et étayée par des analyses de résidus, mais ce n’est pas une certification et nous ne la présentons jamais comme telle.
Les résidus de pesticides passent-ils vraiment dans la tasse ?
Seule une partie des résidus présents sur la feuille sèche passe dans l’infusion, et la proportion dépend de la substance. C’est une raison d’analyser, pas de relâcher sa vigilance. Nous préférons que le résidu ne soit pas sur la feuille au départ.
Pouvez-vous fournir un rapport d’analyse de résidus pour notre lot ?
Oui. Les rapports d’analyse sur le thé fini accompagnent les échantillons, et nous pouvons faire réaliser des analyses selon la liste de substances propre à un acheteur lorsqu’un marché l’exige.
Que signifie « 6 Không » en vietnamien ?
Il se lit sau khong, littéralement « six non ». C’est un engagement de producteur repris par un certain nombre de cultivateurs vietnamiens ; le nôtre correspond à la version détaillée dans le tableau ci-dessus, appliquée à nos foyers membres.
Quels thés TRAVINA proviennent des parcelles 6 Không ?
La gamme Trà Sạch 6 Không, ainsi que les grades tendres issus de ces parcelles. Indiquez-nous le grade qui vous intéresse : nous vous préciserons la parcelle et le standard selon lequel elle a été cultivée.
Demandez le rapport d’analyse
Le moyen le plus rapide de juger une promesse de thé propre est de lire un rapport d’analyse, une tasse à la main. Indiquez-nous les grades et les volumes envisagés : nous vous enverrons des échantillons accompagnés des certificats et de l’origine du lot. Découvrez la gamme de thés, les certificats que nous détenons, les zones de culture ou ce qui a changé dans les champs pour rendre ce standard possible.
TRAVINA, coopérative Tam Tra Viet
Dai Tu et La Bang, Thai Nguyen, Vietnam
Téléphone, Zalo et WhatsApp : +84 855 318 678 · E-mail : admin.travina@gmail.com
