Presque tous les thés de Thai Nguyen proposés aux acheteurs étrangers se disent originaires de Tan Cuong. Pas le nôtre. TRAVINA cultive son thé à Dai Tu et à La Bang, sur le versant est du massif du Tam Dao, et nous préférons expliquer cette différence plutôt que de l’estomper.

1. Où pousse vraiment notre thé, et où il ne pousse pas
La province de Thai Nguyen compte un seul nom de thé connu dans le monde entier : Tan Cuong, six communes situées à la lisière ouest de la capitale provinciale. C’est un lieu bien réel, qui produit un vrai thé. Le problème, c’est qu’il se vend bien plus de thé sous le nom de Tan Cuong que Tan Cuong ne pourra jamais en produire. Quiconque a acheté du thé vert vietnamien en gros l’a constaté.
TRAVINA est une coopérative installée à Dai Tu, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de la ville, avec une seconde zone de culture et l’atelier de transformation à La Bang. Les deux se trouvent sur le versant est du massif du Tam Dao, à l’opposé de Tan Cuong dans la province, dans le bassin versant qui alimente le lac de Nui Coc. Deux thés de nos coffrets, Tam An et Tam Thao, sont bel et bien élaborés à partir de feuilles de Tan Cuong enregistrées, dans une installation plus ancienne, et nous l’indiquons sur les fiches de ces produits. Tout le reste de ce site provient de feuilles de Dai Tu et de La Bang. Si un code de lot indique La Bang, c’est à La Bang que la feuille a été cueillie.
Ce n’est pas de la modestie. C’est la seule affirmation que nous puissions étayer par un code de zone de culture, un certificat VietGAP et une date de cueillette, c’est-à-dire ce dont un importateur a réellement besoin dans un dossier de due diligence.
2. Thai Nguyen en chiffres, et notre place dans la province
Thai Nguyen est la province du thé du nord du Vietnam. Selon les chiffres provinciaux, elle compte plus de 22 000 hectares de théiers et produit de l’ordre de 220 000 à 250 000 tonnes de feuilles fraîches par an, selon l’année et la source consultée (voir le portrait de la province publié par Vietnam Economic News). Le Vietnam dans son ensemble est le cinquième producteur de thé au monde, mais l’immense majorité de ce qui quitte le pays est du thé noir de commodité, vendu à la tonne.
Face à ces volumes, TRAVINA est petite par choix : environ 90 foyers membres, 40,5 hectares de jardins et quelque 120 tonnes de thé fini par an. Nous ne cherchons pas à être un fournisseur de vrac. Nous voulons être celui dont vous pouvez retracer le thé jusqu’à la colline. Pour une vue d’ensemble du marché, nous l’avons présentée à part dans Le thé vietnamien en 2026 : les régions, les chiffres à l’export et le créneau à prendre.
3. Le versant est du Tam Dao : l’empreinte du terroir sur la feuille
Le Tam Dao est une longue crête orientée du nord-ouest au sud-est, qui apporte trois choses utiles aux collines de son versant est.
La brume. L’air qui remonte la pente se refroidit et se condense, si bien que les jardins passent une bonne partie de la matinée sous les nuages. Moins de soleil direct, c’est un théier qui pousse plus lentement et une pousse qui reste tendre plus longtemps : tout l’intérêt des thés de montagne, où que ce soit dans le monde.
Un écart de température plus marqué entre le jour et la nuit. Des journées chaudes et des nuits vraiment fraîches ralentissent la respiration nocturne, de sorte qu’une plus grande part de ce que la feuille élabore pendant la journée y reste. Les producteurs d’ici décrivent le résultat en tasse plutôt qu’en termes de chimie : une amertume plus fine et plus nette en attaque, et une douceur qui revient et persiste.
L’eau. Les pentes se déversent dans le réseau du réservoir de Nui Coc, et le sol est de type ferrallitique brun-rouge, courant dans les collines du centre de Thai Nguyen, légèrement acide, exactement ce que recherche le théier. Les jardins de la coopérative se situent à environ 300 à 500 mètres d’altitude. Nous ne publions pas une moyenne précise pour l’ensemble de la coopérative : faire la moyenne de 90 foyers répartis sur deux communes gommerait les vraies différences d’une parcelle à l’autre au profit d’un chiffre inventé. Si un acheteur le demande, nous pouvons fournir l’altitude, l’exposition et l’analyse de sol d’une parcelle donnée, et c’est ce que nous préférons faire.

4. Dai Tu et La Bang : une coopérative, deux caractères
Dai Tu est la plus ancienne et la plus étendue des deux zones : un relief plus doux, des parcelles d’un seul tenant plus grandes, et la base de la plupart de nos thés verts du quotidien. C’est là que la coopérative a été fondée et que cultivent la plupart des foyers membres.
La Bang est plus haut, plus serré contre la montagne. Les parcelles sont plus petites, la brume s’attarde davantage, les rendements à l’hectare sont plus faibles et les pousses arrivent un peu plus lentement, un peu plus tendres. Notre atelier de transformation se trouve à La Bang : la feuille de ces jardins arrive à la poêle en moins d’une heure. C’est d’ici que viennent les grades « bourgeon seul » et « un bourgeon et une feuille ».
Concrètement, cette répartition compte pour un acheteur sur un point : les volumes de La Bang sont limités. Si vous avez besoin d’un gros lot unique d’un même grade, nous vous dirons s’il peut provenir d’une seule commune ou s’il faut assembler les deux, et la documentation du lot le précisera.


5. Les variétés plantées sur ces collines
Le théier traditionnel des collines de Thai Nguyen est le Trung Du, une variété à petites feuilles aux rendements modestes, qui donne la tasse classique du Nord : une amertume franche en attaque, puis une longue finale douce. Dans toute la province, il est peu à peu remplacé par des sélections plus productives comme LDP1, Kim Tuyen et Phuc Van Tien, une évolution documentée dans l’étude de la Specialty Tea Alliance sur le thé vietnamien.
Nos jardins comptent à la fois d’anciennes parcelles de Trung Du et des plantations plus récentes. Nous ne publions volontairement pas de pourcentage unique pour l’ensemble de la coopérative : ce serait une moyenne sur 90 foyers, qui n’apprendrait rien d’utile à un acheteur. En revanche, nous indiquons le cultivar des parcelles dont provient un lot donné. Demandez-le avec l’échantillon.
6. Cueillette : comment et quand
Chaque feuille transformée par TRAVINA est cueillie à la main. Aucune récolte mécanique, quelle que soit la gamme ou le grade. Le standard de cueillette dépend du grade : un bourgeon et deux feuilles pour le thé vert du quotidien, un bourgeon et une feuille pour les grades tendres, et le bourgeon seul pour les meilleurs thés « aiguille ».
La cueillette se fait le matin et s’achève avant que le soleil ne tape sur la pente. La feuille part à l’atelier le jour même. Une feuille gardée jusqu’au lendemain aigrit, ce qui se traduit par une liqueur trouble et un arôme perdu. La règle est donc fixe : mieux vaut cueillir moins que laisser s’accumuler.

Notre calendrier de récolte
Voici le profil d’une année normale pour l’ensemble de la coopérative, en thé fini et non en feuilles fraîches. La plupart des guides publiés sur Thai Nguyen se contredisent au sujet des saisons ; voici donc les nôtres.
| Mois | Thé fini | Ce qui arrive |
|---|---|---|
| mars | 11,3 t | Première pousse de printemps, peu abondante et recherchée |
| avril | 14,6 t | Plein printemps, les meilleurs grades tendres |
| mai | 19,6 t | Pic de volume du printemps |
| juin | 20,9 t | Mois le plus productif de l’année |
| juillet | 17,6 t | Feuille d’été, plus ample et plus corsée |
| août | 14,0 t | Volumes en baisse |
| septembre | 12,0 t | Début de la pousse d’automne |
| octobre | 10,0 t | Automne, plus aromatique et plus fin |
| novembre à février | repos | Théiers taillés et au repos, aucune cueillette |
Deux conséquences pratiques. Si vous voulez des grades tendres de printemps, la commande doit être passée avant mars. Et quiconque vous propose en décembre du thé de printemps « frais » de Thai Nguyen vous vend un thé fabriqué en mai.
7. Du rang à la poêle, le jour même
La feuille fraîche arrive à l’atelier de La Bang, où elle est contrôlée puis étalée en couche fine sur des claies de flétrissage pour perdre son humidité de surface. Vient ensuite la séquence habituelle d’un thé vert du nord du Vietnam : fixation pour stopper l’oxydation, roulage pour rompre les parois cellulaires et façonner la feuille, séchage, puis une dernière chauffe à la poêle à basse température pour révéler l’arôme.
Les deux choses à dire sur notre atelier n’ont rien de spectaculaire. D’abord, les hommes et les femmes : les artisans aux poêles ont cinq à dix ans de métier, et la chauffe à la poêle reste une affaire de jugement qu’aucun capteur ne remplace. Ensuite, l’équipement est régulé en température, pour que le feu ne s’emballe pas pendant que ce jugement s’exerce. L’atelier est certifié ISO 22000:2018.
Nous avons détaillé ce procédé étape par étape, avec l’effet de chaque étape sur la tasse, dans ce qui rend un thé vert de Thai Nguyen à la fois net et doux.


8. Les documents qu’un acheteur peut demander
Parler de terroir ne coûte rien. Les documents, si. Ceux-ci existent et nous les envoyons avec les échantillons :
- Certificat VietGAP des jardins certifiés, n° DVCL-VG-TT-24-19-68, qui couvre actuellement 17 foyers membres sur 9,7 hectares. Nous le présentons séparément du total de 40,5 hectares, plutôt que de laisser entendre que toute la coopérative est certifiée.
- Code de zone de culture, qui rattache chaque lot aux parcelles enregistrées.
- Certificat de sécurité sanitaire des aliments (ATTP) de l’installation de transformation.
- ISO 22000:2018 : certification du système de management de la sécurité des aliments de l’atelier.
- Rapports d’analyse sur le thé fini, ce qui compte si vous importez sur un marché qui fixe des limites de résidus de pesticides.
Une précision par honnêteté, car c’est l’allégation abusive la plus répandue dans ce secteur. Notre gamme « 6 Không » (les « six non ») est cultivée selon un engagement de production que nous nous sommes fixé nous-mêmes : six choses que nous n’utilisons pas. Ce n’est pas une certification biologique, et nous ne la présentons pas comme telle. L’ensemble des documents, avec leurs copies numérisées, figure sur la page des certificats.
9. Qui cultive réellement ce thé
La coopérative réunit environ 90 foyers membres. Environ 62 % d’entre eux sont issus de communautés de minorités ethniques des hauteurs de Dai Tu et de La Bang. La feuille fraîche est achetée aux membres à un prix convenu ; la transformation, le tri par grade, le conditionnement et l’export relèvent de la coopérative. La famille du fondateur cultive le thé ici depuis 1960 : en pratique, la plupart des producteurs sont des gens auprès de qui il a grandi.
Les acheteurs soumis à des obligations de reporting de durabilité veulent en général des chiffres plutôt que des sentiments ; les voici. Vous trouverez plus de détails sur notre organisation sur la page À propos, et une description plus complète des jardins et de l’atelier dans la rubrique origine et atelier.

10. Ce que tout cela donne en tasse
Un thé vert de Dai Tu ou de La Bang doit présenter une feuille sèche vert foncé aux reflets bleu-noir plutôt qu’un vert vif, une liqueur limpide, vert doré pâle plutôt qu’émeraude éclatant, et un nez de cốm (jeune riz gluant grillé). En bouche, l’amertume est fine et brève ; quelques secondes après la gorgée, la douceur revient au fond de la gorge et persiste. Les buveurs vietnamiens appellent ce retour sucré en bouche hau ngot, et c’est le seul critère sur lequel toute la région est jugée.
Si vous recevez un échantillon de notre part, infusez-le comme nous le faisons, pour que la comparaison soit juste : 80 à 85 °C, environ 10 grammes pour une théière standard, un rinçage rapide, une première infusion de 35 à 40 secondes, puis dix secondes de plus à chaque infusion, pour quatre à cinq infusions. Une eau bouillante sur une feuille tendre du Nord ébouillante le bourgeon et détruit précisément la finale douce que vous cherchez à évaluer.
11. Questions fréquentes des acheteurs
Le thé de Dai Tu est-il le même que celui de Tan Cuong ?
Non. Tan Cuong est un ensemble de communes situées à l’ouest de la ville de Thai Nguyen, qui dispose de sa propre indication géographique. Dai Tu et La Bang se trouvent sur le versant est du Tam Dao, dans une autre partie de la province. Les deux produisent du thé vert de style nordique dans la même tradition, mais ce n’est pas la même origine, et nous n’étiquetons pas notre thé comme du Tan Cuong.
Comment vérifier la véritable origine d’un thé vietnamien ?
Demandez trois éléments ensemble : un code de zone de culture, un certificat qui nomme la commune et le groupe de foyers concernés, et un code de lot qui renvoie à une date de cueillette. N’importe quel producteur peut citer un nom de lieu. Seul un producteur qui a réellement cultivé le thé peut réunir les trois dans un même dossier.
Quand a lieu la récolte de printemps à Thai Nguyen ?
Dans nos jardins, la première cueillette de printemps a lieu en mars, le printemps se prolonge jusqu’en mai, et le mois le plus important est juin. De novembre à février, les théiers sont taillés et mis au repos, et rien n’est cueilli.
Le thé TRAVINA est-il biologique ?
Il n’est pas certifié biologique. Une partie de nos surfaces est certifiée VietGAP, et notre gamme « 6 Không » suit un engagement de production plus strict que nous nous imposons nous-mêmes. Nous énonçons clairement l’un et l’autre plutôt que d’employer le mot « biologique » à la légère.
Peut-on visiter les jardins ?
Oui. Des acheteurs et des importateurs le font régulièrement, et Dai Tu se trouve à environ deux heures de route de Hanoï. Consultez la page visite des jardins de thé, ou écrivez-nous via la page contact.
Parlons de votre échantillon
Pour goûter ce qu’une colline du versant est du Tam Dao apporte à un thé vert, le plus simple est un jeu d’échantillons accompagné de ses documents. Parcourez notre gamme de thés, indiquez-nous les grades et les volumes qui vous intéressent, et nous vous enverrons les échantillons avec les certificats, l’origine du lot et le mois de récolte.
TRAVINA, coopérative Tam Tra Viet
Dai Tu et La Bang, Thai Nguyen, Vietnam
Téléphone et Zalo : 0855.318.678 · E-mail : admin.travina@gmail.com
